De l’influence de Bach dans l’improvisation

All the Things You Are (« Toutes les choses que tu es ») est une chanson écrite par Jerome Kern (musique) et Oscar Hammerstein (paroles) pour la comédie musicale Very Warm for May. Elle est devenue l’un des standards de jazz les plus populaires dans le monde. La popularité de la chanson a été une surprise pour Kern (le compositeur pensait que l’écriture était trop complexe pour obtenir un grand succès). L’enregistrement de Tommy Dorsey a occupé la première place du hit-parade aux États-Unis en 1939. La chanson a été enregistrée en 1940 par Artie Shaw, Frankie Masters et Art Tatum. Charlie Parker a utilisé la progression harmonique de la chanson dans sa composition Bird of Paradise.

Une réalité amusante au vu de ce qu’est devenu « all the things you are » : Kern était hostile aux musiciens qui prenaient des libertés avec son travail notamment en improvisant et n’aimait pas le jazz en général. Néanmoins, les musiciens de jazz ne furent pas découragés (grille harmonique bien fournie !) et finirent par donner à la chanson une seconde vie qui n’aurait sans doute jamais été possible sans eux. Il est dit aussi que Stephen Sondheim, alors âgé de neuf ans, réussi à voir l’éphémère spectacle « Very Warm for May » pour lequel « All the Things You Are » avait été écrit… influençant ainsi son désir de devenir un auteur-compositeur de Broadway ! Il pensa également que le travail de Kern était suffisamment de bonne qualité pour résister aux «modes et styles fugaces du monde du jazz » avec, il en été convaincu, une adaptabilité ad æternam …

D’où le titre de cet article « De l’influence de Bach dans l’improvisation » avec un pianiste à l’originalité convaincante (Jazz Festival Vitoria-Gasteiz 2006 – Brad Mehldau /piano Larry Grenadier /bass)

Je vous propose une autre (grande) interprétation de « All the things you are » par le trio de Keith Jarret (l’écoute sera meilleure si vos retours sont de qualité ..)