Le groove physique de Marcus Miller

Chaque apparition sur scène de Marcus Miller, toujours accompagné de jeunes musiciens talentueux, est un événement dans un univers qui se situe entre le Funk, la Soul et le Jazz d’aujourd’hui… L’artiste est un créateur, un producteur, multi instrumentiste et compositeur hors normes et prolifique. Ses nombreuses collaborations avec les plus grands, Miles Davis, Eric Clapton, George Benson, Aretha Franklin, Brian Ferry, Wayne Shorter, Herbie Hancock, Nyle Rodgers (à droite sur la photo) et Carlos Santana pour n’en citer que quelques-uns, ont façonné son environnement musical.
Son premier prof, Marcus Miller en conserve un souvenir aussi tendre que vif. «Mon père m’a donné l’envie. Il jouait de l’orgue et du piano. Le voir répéter tous les jours m’a fait comprendre l’engagement que réclame la musique. Il m’a appris les bases du piano et voulait que je m’accroche, mais j’y voyais trop de contraintes et d’isolement, le piano est un instrument solitaire, exigeant. Aussi pour me démarquer un peu de lui, je me suis tourné vers les cuivres.» Mais dans l’Amérique des jeunes seventies, la basse tient une place royale qui titille le jeune New-Yorkais. «C’était le son de la Motown! La première fois que j’ai branché une basse, c’était dans la cave d’un ami, j’avais 12 ans, et je me souviens encore de la sensation.» A ses mots, ses doigts claquent l’air, pincent des cordes imaginaires, appellent à la sarabande électrique. «Pourtant, ce n’était pas facile. A l’époque, la guitare basse était un instrument relativement neuf, joué par des mecs venus de la contrebasse. Des mecs massifs! On me disait trop léger pour devenir bassiste, alors j’avais de la peine à lâcher ma clarinette.»
Il lui fera assez d’infidélités pour s’imposer dix ans plus tard comme l’un des bassistes les plus solides et novateurs, capable de concilier muscle et mélodie à la frontière du jazz, du funk et du blues. Au point de séduire son héros d’adolescence, Miles Davis, qu’il suit en studio et sur scène dès 1981, à l’âge de 22 ans (1986 produit et joue sur Tutu, l’album de Miles Davis). Commencer par le meilleur ne comporte qu’un seul risque: celui de chuter de plus haut encore si l’on ne supporte pas la cadence. «Jouer de la basse demande de la discipline et un bon physique», résume le spécialiste de la Fender… A l’heure du petit-déjeuner, il préfère l’eau plate au café. Son attention est complète, ses réponses articulées. Sur sa tête, son éternel galurin paraît comme neuf. Marcus Miller est un homme de contrôle et de précision…

Ici un superbe concert au North Sea Jazz Festival (2015) avec : Bass – Marcus Miller, Guitar- Adam Agati, Trumpet- Lee Hogans, Percussion- Mino Cinelu, Drums – Louis Cato, Saxophone – Alex Hans, Keyboard and piano – Brett Williams. (0:29 B’s river 16:00 Papa was a rolling stone 27:02 We were there 40:47 Gorée 55:50 Tutu 1:01:50 : Blast)

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