Michel Petrucciani 20 ans déjà …

La Seine musicale (Boulogne) sur l’ile Seguin, célébrera, le samedi 9 février 2019, la mémoire du pianiste disparu à New York le 6 janvier 1999.  Vingt ans après sa mort, Un événement à l’initiative de L’Académie du Jazz. Une pléiade d’artistes internationaux rendront hommage aux élans virtuoses, aux soupirs inoubliables, aux inventions du pianiste français. Le concert est complet. Les amateurs ont pris d’assaut les places. Le saxophoniste ténor américain Joe Lovano se déplacera de Boston. Avec lui, aux côtés de Franck Avitabile : Lenny White, Géraldine Laurent, Aldo Romano, Jacky Terrasson, etc. Lovano a enregistré en quartet avec Petrucciani « From The Soul » (Dave Holland – Ed Blackwell). De l’avis de Lovano (dans le DVD consacré à la vie de Petrucciani, réalisé par Michel Radford), on identifiait le son du prodige entre mille. Comme Charlie Parker, comme John Coltrane. Un son propre, inimitable. Le CD COLORS, éditée chez Warner/BMG/Dreyfus Jazz, reprend 18 merveilles de compositions (sur 140 composées par Petrucciani). Un livret d’une trentaine de pages accompagne la compilation. Le journaliste Pascal Anquetil recueille le témoignage de quarante pianistes. Franck Avitabile comprend avec Michel qu’il doit «réapprendre intégralement le piano à partir du timbre et non de l’harmonie ou de la technique». Ce qu’il fit par la suite. Marc Benham : «il y a très peu de pianistes contemporains que l’on peut reconnaître au bout seulement de deux notes». Pierre de Bethmann : «un son ample et puissant, reconnaissable entre tous». Laurent de Wilde entrevoit «la logique mélodique des phrases». Paul Lay, l’inventivité mélodique. Andy Emler, le toucher. Edouard Ferlet, l’inventivité, encore. Fred Nardin, la précision rythmique. Roberto Negro, l’écriture. Alexandre Saada s’extasie : «toutes ses idées, tous ces éléments de langage et ce vocabulaire qui lui étaient propres». J’ajouterais à la cathédrale de louanges, le propos que me tenait, dans un entretien en 2016, son protégé, le pianiste Franck Avitabile, sur l’univers propre du pianiste, dont surgit le discours original. Univers façonné par «le besoin qu’éprouve l’improvisateur de se renouveler». Au cœur de ses conversations avec Petrucciani. Ce dernier avait convaincu Francis Dreyfus de faire signer un contrat d’artiste avec Avitabile, lequel a duré quinze ans.

Toujours sur le label Dreyfus Jazz, lancé par le producteur Francis Dreyfus, un coffret honore le parcours complet de la star. 15 disques saluent – enfin – la totalité des enregistrements. On trouve : Marvellous; Conférence de presse (avec Eddy Louiss); Au Théâtre des Champs-Elysées; Flamingo; Both Worlds. Ainsi que les albums posthumes : Trio in Tokyo – Conversation – Dreyfus Night in Paris – Piano Solo : Complete Concert in Germany – Michel Petrucciani and NHOP – Both Worlds Live. Et 3 DVD comprenant : Non Stop/Trio Live in Stuttgart/Concert Solo Live in Marciac/Lettre à Michel (de Frank Cassenti)/ Both Worlds Live at the North Sea Jazz Festival. Regrets : le label Blue Note (Universal Music), qui enregistra Michel de 1985 à 1993 inclus, n’a pas (encore?) proposé d’intégrale. En outre, le label Owl (créé et détenu naguère par Jean-Jacques Pussiau, premier vrai producteur de Michel Petrucciani – également propriété d¹Universal – ne fait pas non plus l¹objet de rééditions, nettement justifiées. Y figurent pourtant des chef-d’oeuvres. Des inédits de la période, toutefois, apparaîssent sur d’autres labels. Ainsi ONE NIGHT IN KARLSRUHE, concert en trio de 1988 – 77 minutes qui renversent – avec Gary Peacock et Roy Haynes. 5 compositions de Michel : 13th – La Champagne – One of Us – She Did it Again – Mr K.J. Beaucoup de standards (label JazzHaus). Le tout à 100 à l’heure. Un résumé de la vie de l’artiste. Dont chaque seconde était unique. (merci à Bruno Pfeiffer pour la rédaction) . Toutes les infos ici La Seine Musicale

Chez Mabox une page sur Petrucciani …

Michel Petrucciani une première à Paris