L’univers baroque des Arctic Monkeys

Pourquoi un article sur les Arctic Monkeys ? simplement il représente ce qui se fait de mieux pour la musique anglaise ces dernières années, celle des banlieues anglaises où les artistes vont chercher leurs raisons d’exister.  Mais depuis les années 2000 il y a eu beaucoup d’évolution. Celle d’aujourd’hui, les années 2020, marquent une ère de maturité et de détachement définitif vis-à-vis du rock « indie » survitaminé de leurs débuts. Le groupe Arctic Monkeys, mené par un Alex Turner aux allures de crooner des années 70, a passé cette décennie à peaufiner un son riche, orchestral et souvent déroutant pour les fans de la première heure. Un album phare « The Car » (2022), après l’audacieux mais clivant « Tranquility Base Hotel and Casino » (2018), le groupe a enfoncé le clou avec The Car. Un nouveau style, exit les riffs de guitare saturés. L’album est dominé par des arrangements de cordes somptueux, des pianos élégants et une production « vintage » rappelant les bandes originales de films d’espionnage ou de la soul baroque. Acclamé par la critique pour son audace et sa complexité (notamment les titres « There’d Better Be a Mirrorball » et « Body Paint »), il a toutefois divisé une partie du public qui espérait un retour à l’origine.

Une présence scénique transformée, La tournée mondiale qui a suivi (2022-2024) a montré un groupe au sommet de son art technique. Sur scène, Turner a troqué le blouson de cuir pour des costumes de créateurs et des lunettes teintées. Sa performance vocale est devenue plus théâtrale, jouant avec les silences et les improvisations jazzy. Le défi de la décennie pour le groupe a été d’intégrer des morceaux très lents comme « Sculptures of Anything Goes » au milieu de classiques explosifs comme « Brianstorm » ou « R U Mine » Le résultat est une expérience de concert plus « adulte » et texturée.

En entrant dans la seconde moitié des années 2020, les Arctic Monkeys occupent une place unique dans le paysage musical. Les « Derniers Géants » du Rock, ils sont l’un des rares groupes de guitares issus des années 2000 à remplir encore des stades tout en refusant de se reposer sur la nostalgie. Début 2026, des rumeurs et des sorties caritatives (comme le projet pour War Child avec le titre Opening Night) suggèrent que le groupe continue d’expérimenter. Certains y voient les prémices d’un huitième album, tandis que d’autres spéculent sur une pause prolongée pour permettre aux membres d’explorer des projets solos, notamment le retour potentiel de « The Last Shadow Puppets » (écouter la vidéo plus bas). Ils ne cherchent plus à faire danser les foules à tout prix, mais plutôt à construire une œuvre intemporelle, quitte à laisser derrière eux l’étiquette de « groupe de rock » traditionnel. Un concert à la BBC en 2016 :