Étiquette : jazz

  • Erroll Garner The magic touch

    Erroll Garner The magic touch

    Mise à jour 01/2025 Sortie du documentaire « Misty – The Erroll Garner Story » (12/2024), portrait d’Erroll Garner par le réalisateur Georges Gachot.

    Un historique sur Erroll Garner : pianiste autodidacte, à travers son style unique qui combinait un romantisme appuyé avec, le plus souvent, un swing détonnant! Il avait une manière bien à lui en installant toujours des ambiances, couvrant tout le clavier, d’où surgissait soudainement une mélodie connue ou le thème tant attendu. Ses accompagnateurs, le bassiste Eddie Calhoun et le batteur Kelly Martin, savaient rarement ce que Garner jouerait durant les concerts (mais Calhoun était un ami d’enfance et connaissait bien le caractère de Erroll qui s’en amusait souvent…). Durant ce concert live (London 1960) Erroll Garner s’amuse de tout (0:30) : de ses deux musiciens … qu’il regarde avec curiosité pour les surprendre avec le prochain thème … du public comme si il désirait le questionner (vous voulez que je joue quoi ?) … enfin il s’amuse sur son piano en jouant une partie en introduction complétement « free » ou il mélange thèmes, rythmes et autres mélodies (1:01) en les additionnant pêle-mêle. Le trio démarre de manière discrète et totalement swinguante, du pur Errol Garner … son air taquin nous révèle un musicien hors norme,  un des plus grands pianistes du XXe siècle.

    Voici un album, un enregistrement live complet au ConcertGebouw à Amsterdam en 1964. Outre son talent d’interprète, Il y a des exemples déroutants dans ce live ou Erroll nous surprend tant sa virtuosité est permanente; il était ambidextre, ce qui signifiait qu’il pouvait garder deux rythmes à la fois. Ici une vidéo présentant ce nouvel album.

    Le jazz est un art musical à part entière, ce n’est pas un genre bien défini que l’on peut prendre ou rejeter en un seul bloc. C’est un monde complexe, divers et varié, avec ses interprètes, ses genres, ses époques, ses musiques (de masse), ses créateurs solitaires. Le jazz, c’est  une relation entre ceux qui le jouent et ceux qui l’écoutent. La musique de jazz part souvent d’un thème connu de tous (appelé « standard »), tourne autour, pour finalement laisser le soliste exprimer sa pensée de manière plus personnelle, toujours suivi de ses “accompagnateurs”. Selon leur humeur et des personnes présentes, la musique peut changer complètement de caractère. Ce thème est souvent tout à fait dérisoire dans le jazz car, selon les jazzmans, l’œuvre n’est plus la même. C’est pourquoi le monde du jazz est celui de l’imprévisible et de l’improvisation.

    C’est ici que le rapport avec Clint Eastwood se fait de lui même. Le jazz c’est de l’improvisation. il en va de même pour les réalisations d’Eastwood. En 1971 son premier film « Un frisson dans la nuit » met en scène un animateur radio à qui une fan demande inlassablement de passer ce grand classique du jazz « Misty » de Erroll Garner. Le jazz n’est pas seulement présent dans ce premier film mais aussi partout dans les films d’Eastwood (Bird, Impitoyable, un monde parfait, etc.) . Que cela soit en bande-son ou bien quand le personnage de Clint joue du jazz, la musique est là où marche Eastwood.

    Erroll Garner présente deux concerts magnifiquement filmés de 1963 et 1964 mettant en vedette son trio classique composé du bassiste Eddie Calhoun et du batteur Kelly Marti

    Brussels, Belgium – BRT Studio « Jazz Prisma » – November 1964

    Erroll’s Theme – 0:00 – I Get A Kick Out Of You – 0:55 – Fly Me to the Moon (In Other Words) – 5:02 – Sweet And Lovely – 10:50 – It Might As Well Be Spring – 15:09 – Misty – 20:19 – Where Or When – 24:47 – Thanks for the Memory / Classical Medley – 28:24

    Stockholm – Swedish TV Broadcast – April 1966

    Erroll’s Theme – 31:40 – When Your Lover Has Gone – 32:57 – Fly Me to the Moon (In Other Words) – 37:00 – La Petite Mambo – 42:31 – My Funny Valentine – 45:49 – One-Note Samba – 49:24 – Where Or When – 54:28 – Thanks for the Memory / Classical Medley – 57:46 – Erroll’s Theme – 59:50

  • Michael Mayo la voix acrobatique

    Michael Mayo la voix acrobatique

    Jeune chanteur et compositeur virtuose, Michael Mayo s’impose comme l’une des voix les plus en vue et les plus polyvalentes de la musique actuelle. Son premier album, Bones, est produit par Eli Wolf (Norah Jones, J Dilla, Robert Glasper, Maceo Parker). Michael est un chanteur et arrangeur doué ; il n’est que le troisième vocaliste à avoir été accepté au prestigieux Thelonious Monk Institute of Jazz au cours de ses 20 ans d’existence.
    Michael passe avec aisance de l’interprétation de standards avec son groupe ou en big band, à la création de compositions solos expérimentales et improvisées souvent constituées de dizaine de boucles et superpositions sonores. Michael a effectué une tournée internationale avec Herbie Hancock et il a participé aux albums de Kneebody, Scary Pockets, Amber Navran.

    “20/20″ the third single from his upcoming debut album Bones

    Son nouvel opus « Bones » renferme des pépites jazz amalgamées de hip-hop, néo soul ou encore r’n’b. Laissant la part belle à l’improvisation autant qu’à l’habillage electro. Tel ce « You And You » au travers lequel Michael assume sa bisexualité, acceptant de fait son autre soi.  « La bisexualité n’est toujours pas prise au sérieuse par une grande partie de la communauté LGBT. Je n’ai connu aucun homme noir bisexuel en grandissant, je pense donc pouvoir être cette personne pour quelqu’un d’autre. La finalité n’est pas de faire son coming out, mais de pouvoir coexister avec nos différences » Micheal

    Et voilà que ce jeune chanteur nous rappelle un autre vocaliste, Bobby McFerrin,  qui nous a emmené très loin (et même encore plus!) dans son univers musical si particulier. Ici en compagnie du virtuose de la bass Richard Bona.

  • Tony Allen l’originalité avant tout

    Tony Allen l’originalité avant tout

    Dernière actualité pour cet artiste hors pair, la sortie d’un album posthume Blue Note Records le 7 mai 2021 « There Is No End ». Un album posthume du légendaire batteur Afrobeat Tony Allen, décédé le 30 avril 2020 à l’âge de 79 ans. Album terriblement vivant et vibrant de ce musicien qui aura parcouru tant de projets aussi originaux qu’intéressants. “Tony avait la même ouverture d’esprit que certains musiciens de jazz, comme Herbie Hancock ou Miles Davis. Il voulait toujours innover, apprendre. Par ailleurs, il avait une philosophie de vie très saine, à rebours des mondanités. Il n’accordait aucune importance à ce que représentaient les gens. Que l’on soit connu ou pas connu, riche ou pauvre, noir ou blanc : il s’en moquait. Il avait une forme de pureté qui s’entend dans son jeu de batterie. Quand il accordait sa confiance, il était très généreux, fidèle et encourageant. C’était vraiment très agréable de travailler avec lui.” ( Vincent Taeger, musicien ayant joué sur l’album « Film of life »). Ici un concert live « Tribute to Art Blakey Jazz Messengers » à « La maison des arts de Créteil » le 19 février 2016 (1- Invitation 0:51?min. 2- Are you Real 13:52?min. 3- Politely 23:35?min. 4- Night in Tunisia 35:56?min. 5- Moanin 46:20?min. 6- Drum Thunder suite 56:55?min. BasH!! & Tony Allen Drums; JeanPhi Dary piano,Rhodes; Mathias Allamane upright Bass ; Jowee Omicil alto, soprano saxes)

    Il a inventé avec le grand Fela l’afrobeat. Après 36 albums en commun il a quitté le chanteur charismatique devenu trop radicalisé sans doute mais surtout pour explorer d’autres horizons « Quand j’ai arrêté de jouer avec Fela et que je suis parti en Europe, d’abord à Londres, on m’a demandé de faire une musique formatée, robotique, qui suivait la mode ou qui répétait ce que j’avais déjà réalisé. C’est quelque chose que je n’ai pas supporté. Pendant plus de quinze ans, je n’ai presque plus rien enregistré. »… Ici un live de Fela à Berlin 1970

    Bien sur Tony Allen s’intéresse à toutes les musiques mais pas à celle qui agite aujourd’hui les dancefloors de son pays d’origine. « P-Square ? Wizkid ? Davido ? Ce n’est pas de la musique, c’est du business, du divertissement. Il n’y a aucune créativité dans ce qu’ils font : ils suivent seulement une tendance et copient les sons américains. Ils seront toujours un cran en dessous. C’est pour ça que, personnellement, je n’ai pas voulu faire une carrière de jazzman, je savais que la copie serait toujours moins bonne que l’original. Ce qui m’énerve le plus, c’est qu’ils se collent l’étiquette  » afrobeat ». Pour moi, ça n’a aucun lien avec ce que nous avons fait. »

    « Jazz is jazz, that’s it » (Le jazz est le jazz, c’est tout). Cela dépend de qui en parle, de quel instrument il joue. C’est cela la force du jazz. Moi, je suis un batteur, j’ai donc ma propre définition. Le problème est que cela s’uniformise, car tous les musiciens contemporains de jazz sont passés par les mêmes écoles de musique. Cette formation les limite, ils sonnent tous de la même façon, vont tous dans la même direction. Peu jouent différemment. Ceux-là ont alors en commun d’avoir voyagé de par le monde et donc dans leur musique, alliant ainsi diverses influences. »
    « J’aime explorer les choses. Je m’ennuie vite si je fais la même chose, en répétition. Et si je m’ennuie, j’ai besoin de chercher. Quand je travaille un album, je compose sans cesse, avec une seule idée. Ne pas répéter ce que j’ai fait ou ce que d’autres ont fait. Ce doit être quelque chose qui sonne différemment. La première chose que je compose, ce sont les partitions pour ma batterie, c’est la structure de tout. ». Mais alors comment avec une carrière aussi longue ne pas se répéter .. « C’est ma batterie qui me le dit. Elle me dit que j’ai créé un nouveau chemin où je n’étais jamais allé auparavant. Je joue de la batterie de la même façon que je suis dans la vie. Avec simplicité. Ma batterie est comme un être humain. Je m’adapte à la façon dont elle me répond. C’est un dialogue aussi. Elle reprend ce que je voulais lui dire. Je ne frappe pas ma batterie, je la caresse. Car je veux qu’elle chante. Tout mon groove est comme un chant, ce n’est pas un tam-tam et du bruit ». Cette simplicité dans sa musique constamment recherchée.. Tony Allen se souvient avoir dit très à Fela Kuti :  » Keep it simple ». « Ce conseil de simplicité, je l’avais donné à Fela Kuti quand nous jouions aux États-Unis. Il faut ralentir les choses et l’afrobeat devenait trop compliqué, je lui ai dit de revenir à l’essentiel. De toute façon, je préférais l’acronyme KIS (keep it simple), au mot afrobeat. Je ne sais pas ce qu’est l’afrobeat. Il fallait lui trouver un nom, c’est tout. On a pensé à « alike Jazz », mais cela ne semblait pas bon comme nom. Puis est venu ce nom, afrobeat, en référence à l’afro-rock, afro-funk. Mais il y avait trop d’afro ceci, afro cela. Au final, ce n’est qu’un nom. Le nom ne fait pas la musique. »

    Un musicien largement influencé par Art Blakey. Art avait coutume de dire « Black is beautiful ». Cette idée que revendique aussi Tony Allen « la musique africaine est au-delà du langage parlé. La musique est en soi une forme de langage : les percussions par exemple disent quelque chose, il faut les écouter attentivement. Je parle sans ouvrir ma bouche avec ma batterie. C’est peut-être cela la caractéristique de la musique africaine. Art Blakey savait qu’il venait de là. Il faisait du jazz à sa façon. Il avait voyagé et était allé vivre avec des gens qui jouaient de façon non académique de la batterie, des percussions. Il était allé au Nigeria, au Ghana. Il a pu revenir aux États-Unis et montrer en quoi sa façon de jouer était différente. »

    Et finalement pour conclure « je recherche la lenteur et la légèreté en toute chose. C’est pour cela que ma musique est vivante, elle est construite et simple à la fois. La lourdeur que l’on met dans une chose la rend pesante. C’est la même chose pour les problèmes : plus on les considère comme graves, plus ils le seront. C’est ma philosophie de vie. »

  • Music is music avec Jazir et Lean Chihiro

    Music is music avec Jazir et Lean Chihiro

    De l’influence de Tyler the creator (entre autre .. voir mabox.ch/tyler-the-creator-and-the-bastard ) Jazir est un compositeur qui sait ce que la musique peut apporter au beat des « sad girls » mais pas seulement.. un bon flow, une prod tout « bien comme il faut » et surtout cette jeune artiste qui sait déjà quoi offrir aujourd’hui à la « next génération ». Pas d’autres commentaires à faire, la musique vous parlera … ou pas. Un beau mariage musical « Jazir x Lean Chihiro – HardWork » .

    Si vous êtes convaincu alors il n’y a plus qu’à écouter cette partie …

    Bravo à toi Lean.. il y a de l’avenir ..

  • Erykah Badu, Pop, Soul and Funk

    Erykah Badu, Pop, Soul and Funk

    Elle commence sa carrière musicale à l’école avec un duo rap sous le pseudo de MC Apples. Rentrée à la Grambling State University en Louisiane, elle prend la décision en 1993 de se consacrer à plein temps à la musique. De retour à Dallas elle crée avec son cousin, le groupe hip hop Erykah Free. Par la suite, elle fait les premières parties de A Tribe Called Quest, Method Man, Arrested Development et D’Angelo avec Tim Grace. En 1997, elle quitte Dallas pour aller à New York enregistrer son premier album solo, Baduizm.Elle sort ensuite son deuxième album, Live, reprenant des morceaux de Baduizm en concert et des nouvelles chansons comme I’ll Be The Moon et Tyrone. En 1998, elle obtient un rôle important (la magicienne Queen Musset’s) dans le film Blues Brothers 2000. Puis en 2000, elle collabore avec le rappeur Guru, sur l’album Jazzmatazz, Vol. 3: Streetsoul, ou elle chante en duo avec ce dernier sur le morceau Plenty.En 2008 elle sort son quatrième album, New Amerykah Part One (4th World War), dont le premier extrait est le titre Honey.En mars 2010 est sorti son cinquième album New Amerykah Part Two (Return of the Ankh), lancé par le single Window Seat. Le clip de ce morceau a déclenché une polémique aux États-Unis, car on y voit Erykah Badu traverser les rues de la ville de Dallas, en s’effeuillant au fur et à mesure de la chanson…

    De retour au Stravinski (Montreus Jazz Festival), celle qui s’est révélée au monde entier aux cotés de The Roots sur le tube planétaire «You Got Me» fêtera les vingt ans de Baduizm. Un premier album précurseur dans son approche du jazz et des sonorités urbaines, devenu culte grâce aux singles incontournables «Apple Tree» et «On & On». Plus récemment, la chanteuse a sorti le mixtape hip-hop «But You Caint Use My Phone», sur lequel son timbre de voix sensuel improvise autour du thème du célèbre «Hotline Bling» du rappeur Drake. Un retour aussi surprenant que prodigieux qui rappelle qu’Erykah Badu est la reine de la néo-soul, en studio comme sur scène… ici en live au Java Festival 2012

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    « Queen » Badu live Jazz à Vienne 2012 « Danger » …